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Le magazine d'information des professionnels de la communication
FRP • 10.02 • Octobre 2002


Une nouvelle agence à Genève : interview de Samuel Stuelsatz, directeur de DDB Nouveau Monde Suisse

Com.In : Alors que certaines entreprises réduisent leurs effectifs en Suisse romande ou y ferment des bureaux, vous vous y établissez…
Samuel Stuelsatz : Nous croyons fortement au potentiel de la région. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls, d’autres agences ont également débuté une activité ces derniers mois.

Pensez-vous pouvoir amener une véritable plus-value sur le territoire suisse ?
Les nombreux prix remportés par DDB prouvent régulièrement son dynamisme et sa créativité. Nous désirons donc non seulement rester très créatifs, mais aussi aider les entreprises avec lesquelles nous collaborons à écouter et à respecter le consommateur. Leur relation va s’intensifier dans le futur. Les bouleversements sociaux que nous avons connus ces dernières années (de la chute du mur de Berlin à l’effondrement des “ Twin Towers“) ont considérablement changé le comportement du consommateur vis-à-vis de son environnement. Il n’est plus dupe et est en perpétuelle évolution. Il se replie forcément sur lui-même et devient plus réactif. Il a aujourd’hui un plus grand besoin de satisfaction immédiate et de reconnaissance, d’où cette nouvelle relation plus intense avec les marques. De plus, il aspire désormais à un discours plus véridique, plus réaliste, tout en ayant besoin de rêve. Il veut être respecté dans son individualité, mais en s’identifiant et se raccrochant à des valeurs communes. Une nouvelle agence scandinave a d’ailleurs bien compris ce “ parler-vrai ”. Sa première campagne vantait un hôtel, tout en montrant ses défauts. Depuis, ce dernier ne désemplit pas !
Nous nous efforcerons donc d’aider les entreprises dans leur nouveau rôle de “ porteur de valeurs ”, sans faire n’importe quoi, car le consommateur est, quant à lui, prêt à boycotter !

Promotion de la Vallée d’Aoste

Vous parlez de respect. Refuseriez-vous de réaliser certains types de publicité ?
Si le client désire une campagne qui choque de manière gratuite, nous tenterions de lui montrer qu’il n’y a rien à y gagner, bien au contraire. Mais en général, les annonceurs restent assez frileux, ils manquent d’audace. C’est aux agences de les mettre en confiance, de les “ éduquer ”. Une analyse pointue reste la meilleure manière de les convaincre.

Dans quel secteur innovez-vous particulièrement ?
DDB est aujourd’hui l’un des tout premiers com’opérateurs européens par le biais d’une offre spécifique “ DDB NOUVEAU MONDE LE TOURISME ”, spécialisé dans la promotion des villes, des stations de sports d’été/hiver et des régions. Nous leur proposons des expertises très fines dans tous les domaines, dont l’e-business, le conseil marketing, le marketing opérationnel et le yield management.
Quand on connaît le poids qu’a le tourisme dans notre économie, on réalise que cette section répond à un besoin important et nous comptons être très présents sur le marché helvétique.

Trouvez-vous la publicité suisse mauvaise ?
A l’heure actuelle, il n’y a pas une publicité suisse mais des publicités, dont certaines sont primées au plan international par la profession. Il est évident que la production et les services sur le territoire suisse restent hautement qualitatifs et de ce fait s’exportent grâce à leur renommée, sans trop d’effet d’annonce. Mais cette somnolence a forcément provoqué un retard dans la communication suisse, communication que nous trouvons souvent trop sage et trop consensuelle.

Comment est organisé DDB Nouveau Monde Suisse ?
Notre grand atout est de travailler en étroite collaboration avec Paris, où se situe la direction internationale, hors Etats-Unis. Nous disposons donc de l’appui d’une multinationale, dont le siège parisien partage de plus notre culture francophone. L’analyse et la création des publicités se déroulent ici, et nous bénéficions du soutien direct du groupe DDB Nouveau Monde à Lyon. L’élaboration des campagnes publicitaires fait de plus en plus souvent appel à des forces internationales, à des productions croisées. La Suisse reste de toute façon particulière, car composée de plusieurs cultures. En ce qui concerne DDB, il existe déjà des agences à Berne, Bâle et Zurich. Genève est un tremplin afin d’encore mieux représenter le groupe.

 

Comment imaginez-vous la communication dans quelques années ?
La communication dite de terrain, de proximité prendra le dessus. Elle sera plus proche du consommateur, plus à son écoute.

Propos recueillis par Floriane Jacquemet

Publication 65

 

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