Accueil -> Publications -> Publication n° 42

 


Le magazine d'information des professionnels de la communication
FRP • 3.02 • Mars 2002


La FRP.

Interview de Philippe Crausaz.

Com.In : Vous avez succédé à Heinz Heimann, publicitaire très connu en Suisse romande, comme président de la FRP.
Philippe Crausaz : Pas du tout. Heinz ayant eu le tact de ne plus intervenir dans la marche de la FRP une fois son mandat terminé, j’ai donc pu prendre mes marques sans pressions extérieures. Quant aux membres de l’association, ils m’ont plutôt bien accueilli je crois et m’ont accordé leur confiance. Je suis certain qu’il en sera de même avec le nouveau président. Il sera élu le 16 mai à l’assemblée générale de la FRP, qui se déroulera à Neuchâtel dans le cadre de l’Expo.02. Je pense que les gens sont contents d’avoir un nouveau président après six ans. Cela apporte un souffle nouveau.

Quand on pense aux agences de publicités romandes, on pense à Genève ou Lausanne, rarement à Fribourg. Etre installé dans cette région est-il plutôt un atout un handicap ?
On oublie effectivement trop souvent qu’il y a de bonnes agences ailleurs qu’à Lausanne ou Genève. D’être installé à Fribourg est un avantage tant pour mon agence que pour la FRP. Fribourg est idéalement située entre Berne et Lausanne, ce qui offre un potentiel clients intéressant pour une agence bilingue comme la mienne. En ce qui concerne la FRP, un président issu d’une petite agence périphérique convenait à tout le monde. Aux yeux des membres, cela assurait sans doute une certaine neutralité.

Quelles ont été les restructurations principales réalisées durant vos deux mandats à la tête de la FRP ?
J’ai voulu avec le comité que nous nous concentrions sur la mise en place d’actions durables et la réalisation de prestations tournées vers les membres. Cela semble logique mais ce n’est pas évident lorsque l’on doit jongler avec un budget qui n’est pas élastique et que l’on compte sur le bénévolat. Durant les trois premières années, il y a eu le déménagement à Lausanne, à la Maison de la Communication, la mise en place d’un service juridique et d’un secrétariat permanent. Ceci a été très apprécié de nos membres. Nous avons également relancé le magazine Com.In. Durant les trois années suivantes, nous avons modifié les statuts pour les rendre plus actuels avec notamment deux innovations majeures : un Conseil romand de la Communication a été créé, et la durée du mandat du président et du comité a été porté de trois à deux ans, ce qui permet à un président de rester, par exemple, quatre ans à la tête de l’association, une période idéale à mes yeux. Nous avons également fondé la Sàrl Comm’In chargée de la gestion du magazine. Nous avons engagé voilà plus de dix-huit mois un recours de droit public contre la loi genevoise sur les procédés de réclame. Nous attendons impatiemment la décision du TF. Un site internet a également vu le jour, et nous comptons bien le développer afin qu’il devienne incontournable dans le monde de la communication. Et tout cela en continuant à boucler les comptes avec un petit bénéfice qui devra permettre de fêter dignement le 75e anniversaire de la FRP en 2003.

Et Com. In ?
Il a énormément progressé. Nous avons essayé de passer d’un petit journal associatif à un magazine lu et apprécié des professionnels de la communication. J’ai interrompu sa parution pendant quelques mois pour des raisons de coûts en 1996. Ceci nous a permis de réorganiser le magazine, passant petit à petit d’une rédaction bénévole à une entité beaucoup plus professionnelle. Nous avons également confié la partie publicitaire à une régie. Les annonceurs ne se sont pas fait attendre. Il manquait en effet ce type de magazine en Suisse romande. Grâce à eux et à des partenaires-sponsors au niveau de la production, nous avons pu équilibrer le budget. Nous avons encore amélioré récemment le magazine et je crois que Com.In évolue dans la bonne direction, c’est un point très positif de mon mandat. Du point de vue financier, le budget de Com.In est devenu aussi important que celui de la FRP. Qu’un seul poste pèse aussi lourd n’étant pas sain, nous avons donc décidé de séparer juridiquement Com.In et la FRP en créant la Sàrl mentionnée précédemment. Mais la FRP en reste la propriétaire, son président et son secrétaire général en sont les gérants. Cela a aussi permis à Com.In, qui est diffusé à 3000 exemplaires, de garder un esprit indépendant.

Que feriez-vous différemment si vous pouviez recommencer votre mandat aujourd’hui ?
Je ferais un sérieux effort pour mieux informer nos membres sur ce qui a été fait et sur ce qui va être fait, et pour mieux vendre la FRP auprès des agences et des créatifs. Je m’impliquerais également plus au niveau politique. Mais finalement, je ne suis pas vraiment une personnalité aimant se mettre en avant et il faut quand même laisser quelque chose pour les suivants…

Comment voyez-vous l’évolution de la FRP à moyen terme ?
Avec le comité actuel, qui, si tout va comme je l’espère, restera majoritairement en place durant la prochaine période, la FRP a un avenir assuré. Une chose est sûre, elle devra plus s’impliquer au niveau politique, suivre de près les lois touchant à la publicité afin d’agir et non plus de réagir quand il s’agit de défendre les intérêts de ses membres et du milieu de la communication dans son ensemble.

Avez-vous un message à faire passer à la fin de ce double mandat ?
Aujourd’hui, de nombreuses associations professionnelles sont en perte de vitesse. La FRP, elle, tient bien le coup. Elle attire d’autres communautés d’intérêt et je suis persuadé qu’elle a beaucoup à leur apporter. La FRP a la volonté de réunir, de motiver, de promouvoir et pour cela, elle mérite d’être soutenue. Elle mérite d’être rejointe par de plus nombreux membres, notamment par les créatifs romands, ainsi que par de plus nombreuses associations. Ainsi seulement, elle trouver la force et la taille pour remplir pleinement sa mission. A bon entendeur…

Propos recueillis par Floriane Jacquemet

Publication43

Nous attendons avec plaisir vos remarques et commentaires !

ComAnalysis Sàrl - Case Postale 18 - 1000 Lausanne 21 - +41 21 653 89 28
Pour nous contacter : contact@ComAnalysis.ch

Copyright © 2002, ComAnalysis - tous droits réservés