
Accueil -> Publications -> Publication n° 27
Le magazine d'information des professionnels de la communication
FRP 09/01 Septembre 2001
Les garde-fous de lil,
ou la construction des parcours de lecture.
Dans les deux précédents numéros, nous avions amorcé, par le biais des propositions de Laurence Bardin et Paul Léon, la question du rapport texte/image dans la publicité. Nous étions parvenus à la conclusion que, si le lecteur construit activement un sens toujours singulier de lannonce, il est néanmoins possible de contraindre en partie son parcours interprétatif. Parallèlement au sens global élaboré par les rapports entre les différents constituants, dont lun des plus importants est le rapport entre le slogan et le visuel, nous avons émis lhypothèse que la structure générale de lannonce définit des parcours de lecture privilégiés, qui jouent un rôle capital dans le guidage du lecteur. Cette question fait lobjet de ce troisième volet.
Douée dune géographie très particulière, lannonce publicitaire est avant tout un attrape-regard. Son agencement, favorisant sa lisibilité, tisse des liens entre le produit et ses consommateurs potentiels. Devant amener ces derniers à lui trouver un sens dans un laps de temps extrêmement court, ses divers éléments sont subtilement arrangés dans lespace qui leur est imparti, et distribués de manière à ce que le regard soit amené vers les surfaces porteuses dinformation clés : représentation du produit, nom de la marque ou encore logo.
Cet agencement est dautant plus capital que les messages publicitaires sont rarement parcourus dun bout à lautre. Or, lincorporation dinstructions de lecture permet de compenser ce manque dattention chronique. Linfluence de lannonce publicitaire sur le lecteur-consommateur passe par des parcours virtuels de lecture, induits par des mises en page spécifiques. Un constat semblable est formulé par A. Leclerc, spécialiste de la presse québécoise, dans le cadre de la mise en page de presse : " Il est possible, grâce au graphisme, dinfluencer le comportement visuel du lecteur afin de lui faciliter lassimilation de certaines informations choisies et jugées importantes par la direction ". Aussi, la mise en page, les proportions, la perspective, lutilisation des couleurs, des tons, des harmonies et des contrastes, des formes ou encore des polices dimprimerie, sont autant déléments qui vont suggérer tel ou tel parcours de lecture.
Après avoir présenté certaines approches des processus de lecture et de perception des annonces publicitaires, nous exposerons les parcours de lecture les plus canoniques, puis, des parcours moins attendus, mais non moins intéressants.
Lobjet de tous les regards
Une annonce publicitaire peut relever dune suprême simplicité, ou au contraire dune extrême complexité. De la sorte, si on est attentif aux diverses places que peut occuper le produit dans lannonce, on peut observer quatre principaux types de construction de limage publicitaire. En premier lieu, le produit peut être représenté seul, en gros plan, sur une photographie de type studio. Une annonce pour un aspirateur Dyson (n° 1) répond à cette construction hors contexte.
Mais le produit peut également être représenté dans le cadre dun contexte, réel ou irréel. Il entre alors dans une construction en contexte. Bien souvent, des lignes de force convergentes conduisent vers un foyer commun qui est le lieu même du produit, comme cest le cas dans une publicité pour le papier à cigarette OCB (n° 2). Même si le produit est intégré dans une scène animée ou est assisté dun décor, il détient encore souvent le devant de la scène. Par exemple, une annonce pour les produits Napapijri (n° 3) met clairement en évidence les produits : la scène représentée est destinée avant tout à focaliser lattention sur lobjet de la transaction.
Le produit peut également être mis en abîme. Le regard est amené, après sêtre porté sur le visuel, à chuter à lendroit même où sachève lexploration le plus généralement en bas à droite de lannonce sur le produit conditionné (pack shot). Cette construction en pack shot induit généralement de forts parcours de lecture.
Enfin, le dernier cas est labsence de représentation du produit. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette construction par labsence nest pas le seul apanage des offres de services (produits financiers, assurances, etc.), mais se retrouve dans le cas de produits à forte implication comme la publicité automobile.
Une publicité pour la Golf (n° 4) représente ainsi un vélo en lieu et place du modèle célébré. Cette tendance peut sexpliquer de différentes manières. La publicité est parfois plus le fait dune communication institutionnelle quune annonce pour la promotion dun produit. Mais la publicité est également devenue un produit culturel, ce qui favorise la recherche dune sympathie envers la marque au détriment de la présentation factuelle du produit. Ce penchant est aidé par la notoriété dont peut profiter ce dernier. Enfin, la construction par labsence permet de subtilement camoufler la transaction symbolique, la finalité dernière de la publicité : la vente.
Il ny a pas de séparation franche entre ces différentes représentations. Par exemple, une annonce pour le shampooing Clear (n° 5) flotte entre construction hors contexte et construction en contexte irréel. De la même manière, la représentation de la voiture dans une annonce Renault (n° 7) se situe entre la construction en pack shot et la construction starisée.
Si certaines de ces constructions nécessitent plus que dautres des forts parcours de lecture, quoi quil en soit, une bonne annonce se doit dinviter les regards à suivre des lignes, des courbes, des voies qui devraient idéalement les conduire au produit, à sa marque, à son nom. Tel est le devoir desparcours de lecture.
Le concept de parcours de lecture serait-il un délire ?
Les recherches de laboratoire sont encore loin davoir donné une réponse définitive sur un hypothétique schéma contraignant lexploration oculaire dune page ou plus localement dune image. À tel point que lon pourrait se demander si la recherche de modèles généralisables de parcours de lecture nest pas chimérique.
Selon certains chercheurs, il ny aurait pas de parcours standard, car les parcours se renouvelleraient selon la nature de lannonce, le lecteur et les circonstances de lecture. Le parcours, cest-à-dire la séquence des fixations oculaires, se structurerait plutôt selon le but poursuivi par le lecteur.
Un certain nombre de constats semblent pourtant attestés :
- La plus grande attention serait portée au tiers supérieur gauche de lannonce.
- Le regard se fixerait sur les éléments de lannonce qui portent le plus grand sens.
- Les paramètres affectifs et situationnels auraient une influence sur lordre des fixations. La finalité (informer vs flâner) influencerait la durée et le parcours du regardeur.
- Lil retournerait aux éléments de limage identifiés comme essentiels et abandonnerait les éléments jugés secondaires.
Ce quil ne faut pas perdre de vue, cest que si certains parcours de lecture semblent pouvoir être élaborés, et plus ou moins suivis par les lecteurs, ces derniers nen restent pas moins facultatifs, et ce, doublement. Le lecteur peut, dune part, ne pas regarder une publicité ou en interrompre la lecture à nimporte quel instant, et, dautre part, opter pour un autre parcours que celui initialement prévu par le concepteur.
Le packaging du message
Le grand public pense que les annonces et les images sont perçues soit instantanément, soit de manière aléatoire. Il na souvent pas conscience des parcours de lecture effectués et il ne sait pas forcément quil existe des schémas normalisés de balayage dune annonce. Penser quau-delà dun processus de lecture automatique et constant existeraient des séquences de déchiffrage de lannonce type savère pourtant être une idée séduisante. Nous nous proposons donc à ce point de passer en revue les divers types de balayages mis en évidence à ce jour.
1. Le balayage hiérarchique
Selon le photojournaliste Paul Almasy, le parcours du regard sur une image statique se déroulerait selon une structure hiérarchique. Pour lui, cest le contenu même des images qui impose la séquence des fixations. Les regardeurs, supposés être reliés par un lien affectif invisible aux représentations humaines, apercevraient les personnages en premier (composantes vivantes), les éléments en mouvement, comme les animaux, les nuages ou les automobiles en second (composantes mouvantes) et les objets immobiles en dernier (composantes stables). Ce modèle évoque la division du monde en trois règnes, animal, végétal et minéral, ce qui suffit à convaincre certains que cette hiérarchie contraindrait la séquence de lecture.
En fait, le balayage hiérarchique est moins un modèle de parcours de lecture quun principe général intervenant en amont, comme les formes, la couleur ou encore les lignes directrices. Il favorise des parcours de lecture plus quil ne les dessine lui-même.
2. Le balayage en Z
De nombreuses études ont mis en évidence un parcours de lecture canonique qui part dun point situé dans le premier tiers supérieur gauche de la page, suit un parcours en Z, pour sachever en bas, à droite de lannonce.
Conformément aux habitudes occidentales, dans cette lecture de type scriptural, le regardeur, après avoir parcouru lannonce selon un tracé en Z, reviendrait dans un second temps sur déventuels éléments quil aurait jugés intéressants. Ce modèle, identifiable dans une annonce Opel (n° 6), est privilégié par les maquettistes publicitaires.La pleine page de journal consacrée à une publicité Renault (n° 7) est un bon exemple pour mettre en évidence les ressources du parcours en Z. Toute la composition de lannonce trace un mouvement de gauche à droite : les deux corps sont penchés sur la droite, le texte se lit de gauche à droite et la voiture est orientée vers la droite. Un double glissement, gauche-droite et dysphorie-euphorie, sopère autour des individus : la mauvaise surprise vient de la gauche, il sagit de la femme bondissant sur lhomme pour le surprendre, la bonne surprise se situe à droite, il sagit de la Renault Safrane. Cette projection est confirmée par les parties du slogan daccroche inscrites respectivement au-dessus de la femme (" mauvaises surprises ") et de lhomme (" bon côté "). Y aurait-il une touche de sexisme ?
Sous-jacent à cette première ligne directrice, allant de la gauche vers la droite, se dessine un parcours de lecture en forme de Z. L'accroche en étant le point de départ, elle constitue la première horizontale du Z. Le visuel prend alors le relais : les bras droits et les bustes des deux individus tracent une diagonale allant du coin supérieur droit de la page au coin inférieur gauche. À partir du ventre de la femme, la fine écriture en noir et blanc, suivie par la représentation en pack shot de la voiture, mène le lecteur sur le coin inférieur droit de lannonce, à savoir sur le logo et la marque. La superposition du pack shot sur le visuel est particulièrement intéressante. En empiétant sur cette dernière, la voiture crée un pont entre le visuel et le logo, en brisant le cadre rectangulaire. Le choix dune prise de vue latérale, en légère plongée contribue encore à forcer le regard du lecteur.
De plus, sur cet espace réduit qui sert de clôture au parcours de lecture, la marque se dédouble : deux fois le logo (le deuxième étant sur le devant du véhicule), deux fois le nom du produit (Safrane, sur la plaque minéralogique), deux fois le nom de la marque (Renault) et deux fois le slogan (Les voitures à vivre). Le parcours de lecture se clôt ainsi sur une surenchère de signatures.
3. Le balayage circulaire
Mais le balayage en Z nest pas exclusif : parallèlement aux balayages de nature scripturale, la publicité se sert dautres parcours, fondés sur des organisations géométriques. Certaines études ont ainsi permis dobserver une autre forme de parcours : le balayage circulaire. La lecture de lannonce progresserait de la plus grande aire à la plus petite. Ce balayage partirait du coin supérieur gauche, ferait un premier tour de lannonce en rasant les marges, puis un deuxième tour à circonférence plus réduite, et ainsi de suite jusquà ce que la surface soit entièrement parcourue.
Ce modèle en spirale peut être généralisé en balayage circulaire, qui peut prendre diverses formes. Dans une publicité pour la bière SOL (n° 8), il a une forme irradiante : les bouteilles sont placées en cercle de manière à figurer les rayons du soleil, évoqué par le nom de la marque.
Dans une annonce Barclay (n° 9), ce parcours de lecture est clairement privilégié par la géométrie de ses éléments. Outre les formes arrondies qui foisonnent, on peut également repérer le jeu sur le grammage, avec une mise en évidence de la main (entouré dun halo flou) qui pointe immanquablement sur le produit.Une annonce Tag Heuer (n° 10) a pour sa part fusionné produit et visuel en adoptant une composition amalgamée. Cette mosaïque circulaire structure lensemble de lannonce.
Enfin, dans une annonce Dolce & Gabbana (n° 11), cest limbroglio dune dizaine de corps nus dhommes et de femmes qui suggère cette circularité et incite lil à passer sans fin de la marque à la représentation des bouteilles de parfum.
4. Le parcours en miroir
Les parcours en miroir se basent sur la duplication en reflet des constituants de lannonce. Ils présentent plusieurs variantes, toutes liées à une stratégie particulière. Nos propres observations nous ont ainsi amenés à identifier un parcours de lecture de type ping-pong : ce modèle publicitaire sorganise autour de deux cadres horizontaux ou verticaux, et joue souvent sur un parcours de lecture par rebondissements. Ce type de publicités fonde fréquemment son argumentation autour dun principe de comparaison entre :
- un avant et un après (n° 12),
- un sans et un avec (n° 13).
Il peut même emprunter au jeu Trouvez les sept erreurs sa structure pour établir la comparaison de manière ludique. Ainsi, dans une annonce co-signée par Ariel et Siemens (n° 14), quatre éléments ont à première vue changé : le verre sur la table, le pantalon du père, lapparition de cheveux blancs et lâge de lenfant. Bien évidemment, ce qui na pas changé, cest le polo du père, comme nous le confirment les paroles de lenfant dans la réponse inversée : " Eh oui ! Le polo de papa est resté plus longtemps beau comme au premier jour ".
14. En représentant le même polo sur les deux images, lannonce prouve que le temps ne peut rien contre lassociation détergente des deux marques alliées. Un exemple probant du jeu horizontal nous est donné par une fausse pub. Selon D. Saunders (XXe siècle de Pub, Editions EPA, 2000), lors du lancement de la campagne pour la bière X.O. (n° 15), le but de cette annonce pour un produit inexistant était de démontrer aux annonceurs quil était possible de vendre de la bière en faisant de la publicité dans la presse. Mais devant la demande générée par cette brillante promesse, un brasseur local eut lidée de fabriquer une nouvelle bière sous ce nom.
15. Cette pub en miroir, participant dune campagne pour un faux produit (cette bière nexistait pas), a été interdite. Son concepteur, Neil French, remarque, non sans une pointe sarcastique, que tomber sous le joug dun interdit est souvent une excellente manière dassurer la notoriété dun produit. D. Saunders poursuit en rapportant les paroles de Neil French, le cerveau de laffaire : " Les gens ont fait la queue pendant trois jours. Et alors quil pensait avoir trois semaines de réserve, le brasseur sest retrouvé en rupture de stock. Il a donc décidé den fabriquer encore, mais de la vendre sans la marque X.O. pour ne pas avoir à me payer de droits. Il a fait faillite en un mois. Cest une étonnante histoire, qui montre bien la puissance de la marque ".
Lauteur relève encore un aspect intéressant de la campagne. Celle-ci avait essayé deux approches différentes : lune avec une photo et un pack shot, lautre avec un long texte et un plus grand pack shot. Ces deux publicités avaient produit le même impact chez les lecteurs !
Les découpages vertical et horizontal peuvent enfin simbriquer dans une même annonce. Dans une publicité Audi (n° 16), si la partie supérieure sorganise autour dune opposition présidée par les termes " conservateur " et " progressiste ", la partie inférieure suggère pour sa part la réunification de ces deux extrêmes : la tradition et la vision.
16. En combinant dabord un miroir horizontal puis un miroir vertical, cette annonce parvient à harmoniser les contraires, la tradition et linventivité.
5. Le parcours quadrillé
Lannonce peut se voir fragmentée en bandes verticales et horizontales qui se recoupent régulièrement. Un tel parcours suscite soit une lecture segmentée, soit une lecture démultipliée. Dans le premier cas de figure, lannonce est structurée à la manière dune bande dessinée. Démultiplication de la structure en miroir, une annonce Hermès (n° 17) est découpée en quatre parties équilatérales. Le slogan partage le découpage, assurant ainsi, en quatre temps, la cohésion densemble de lannonce : " pur " ; " moment " ; " démotion " ; " Hiris ".
Une annonce pour Mercedes (n° 18) va dans le même sens, bien que de manière moins structurée. Par la parodie dun mode demploi, le visuel est structuré lui aussi en quatre plages numérotées. Notons au passage la valeur phatique (de contact) de la couleur jaune et la position centrale du pack shot, deux éléments qui renforcent de manière évidente limpact visuel de lannonce.
Dans le second cas de figure, la lecture se voit démultipliée. Lannonce offre alors divers espaces de lecture non reliés entre eux. Dans une annonce Saab (n° 19), la déconstruction est poussée à lextrême. Bien que profitant imperceptiblement dune lecture canonique, textes, visuels et produits se partagent, sans véritable logique apparente, lespace quadrillé de la page. À l'inverse de cette explosion de lannonce, son pied profite dune composition plus classique slogan dassise, pavé rédactionnel, logo et nom de la marque , ce qui garantit somme toute à lannonce une cohérence minimale. Le couplage despaces quadrillés peut ainsi aller dune logique indéfectible à une anarchie achevée.
Anarchie finale
20. Par la démultiplication et le renversement des coureurs, la déconstruction de cette annonce est amenée au paroxysme par labandon de certaines informations clés des annonces, à savoir le logo ou le nom de la marque en signature. Vive la notoriété !
Nous avons présenté cinq modèles complémentaires, mais il existe bien évidemment dautres archétypes, tirant parti dautres configurations géométriques. À lextrémité inverse, certaines annonces nhésitent pas à bouleverser les attentes du public en proposant des agencements inattendus. À linstar dune publicité Nike (n° 20), ces dernières vont jusquà récuser tout pacte de lecture en ostracisant plusieurs de leurs constituants (non de la marque, logo, etc.).
Par ailleurs les différents parcours de lecture évoqués ne sexcluent pas les uns les autres. Par exemple, le parcours hiérarchique peut venir renforcer le parcours en Z, ou venir affermir celui en miroir. De fait, ce sont les choix opérés par les créatifs qui vont être déterminants. Les lignes directrices, les formes et leur taille, les couleurs, etc., sont autant déléments qui vont favoriser lun ou lautre de ces parcours.
Il convient enfin de rappeler que ces derniers restent des instructions de lecture non contraignantes que le lecteur est libre de suivre, et ce, bien souvent, de manière totalement inconsciente. Mais à linverse, nous espérons que ceux-ci serviront les créatifs, dans la mesure où ils pourraient constituer des recettes contribuant à une lecture plus fluide des annonces.
Gilles Lugrin
& Stéphanie PahudPour en savoir plus :
Jean-Michel Adam et Marc Bonhomme, Largumentation publicitaire, Paris, Nathan, 1997.
Claude Cosette, Les images, Éditions Riguil Internationales, Québec, 1983.
Nous attendons avec plaisir vos remarques et commentaires !
![]()
ComAnalysis Sàrl - Case Postale 18 - 1000 Lausanne 21 - +41 21 653 89 28
Pour nous contacter : contact@ComAnalysis.chCopyright © 2001, ComAnalysis - tous droits réservés